En Ile-de-France, les inégalités femmes-hommes ne se limitent pas aux territoires défavorisés

15 Mars 2018

Les inégalités femmes-hommes ne se limitent pas aux territoires défavorisés en Ile-de-France © Adobe Stock Selon l’Insee, les Franciliennes occupent plus souvent un emploi que les femmes des autres régions. Celui-ci est plus rémunérateur et moins souvent à temps partiel. Pourtant, les inégalités femmes-hommes restent fortes dans la région.

La situation des femmes sur le marché du travail est meilleure en Ile-de-France qu’en France métropolitaine. En effet, en 2014, les franciennes sont moins touchées par le chômage et occupent plus fréquemment un emploi. Par ailleurs, elles travaillent moins souvent à temps partiel (21 % contre 27,7 %) et exercent davantage de métiers mixtes ou à dominance masculine, plus rémunérateurs.

Les Franciliennes ne sont pas pour autant sur un pied d’égalité avec les Franciliens. En premier lieu, elles sont moins présentes sur le marché du travail : 73,3 % des femmes en âge de travailler sont actives (en emploi ou au chômage), contre 79,1 % des hommes. Cet écart de taux d’activité est comparable à celui du taux d’emploi. Les femmes se retrouvent en effet davantage dans des situations aux frontières du chômage (sous-emploi et halo autour du chômage) que les hommes.

Quand elles travaillent, les femmes exercent plus souvent que les hommes une activité à temps partiel (choisie ou subie), sont plus fréquemment en Contrat à durée déterminée (CDD), et occupent moins souvent un poste de cadre. Le salaire horaire des Franciliennes est en moyenne inférieur de 17,5 % à celui des Franciliens.

Des inégalités quels que soient les territoires

Au nord-est de Paris, les écarts d’accès à l’emploi entre femmes et hommes sont parmi les plus importants. Ces territoires concentrent des populations moins qualifiées (plus de 38 % de personnes sans diplôme), et à plus de 25 % issues de l’immigration extra-européenne. Les femmes rencontrent davantage de difficultés que les hommes à s’insérer sur le marché du travail du fait de leur situation familiale. Les écarts de taux d’emploi entre femmes et hommes sont importants également sur l’axe Evry-Melun. Dans les Yvelines, les taux d’emploi des femmes comme des hommes sont supérieurs à ceux observés en moyenne dans la région.

Les inégalités entre femmes et hommes sont plus marquées en grande couronne. Elles portent notamment sur la stabilité des contrats, le temps partiel et les salaires. Les inégalités de conditions d’emploi entre femmes et hommes sont plus élevées dans les territoires de grande couronne : le centre et le sud des Yvelines, et l’ouest de l’Essonne sont les plus dotés en emplois de cadres (au moins un emploi sur quatre). Les femmes et les hommes y ont des logiques d’emploi différentes de celles auxquelles on pourrait s’attendre, au regard de leurs caractéristiques sociales. Ces comportements accentuent les inégalités. À titre d'exemple, la proportion de femmes en CDD ou à temps partiel y est plus importante qu’attendue, en lien probablement avec les hauts revenus de leur conjoint. La part des cadres est, quant à elle, beaucoup plus élevée qu’attendue chez les hommes. Dans les autres territoires riches en emplois de cadres (autres que ceux des Yvelines et de l’Essonne), les inégalités portent essentiellement sur les salaires.

Télécharger Insee Ile-de-France Analyses n° 80, mars 2018

Emmanuelle Vignerot

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