Digitalisation des organismes de formation : une transformation à mener pas à pas

02 Avril 2019

Digitalisation des organismes de formation : une transformation à mener pas à pas © Défi métiers Le 29 mars, la Direccte Ile-de-France, en partenariat avec l’Urof, la FFP, le Synofdes, Opcalia et Agefos PME Ile-de-France, a réuni les organismes de formation franciliens pour les sensibiliser aux enjeux de la transformation digitale.

« Le Pacte régional d’investissement dans les compétences, qui sera signé en avril, accélérera la transformation digitale de la formation en Ile-de-France » a prévenu Corinne Chérubini, Direccte d’Ile-de-France, en préambule.

De fait, les acteurs de la formation professionnelle, Ffffod en tête, reconnaissent de nombreuses vertus au numérique. « Il favorise l’individualisation des parcours, permet d’atteindre un public très large et de renouveler les pratiques par l’utilisation d’outils d’animation ludiques », a rappelé Aurelia Bollé, déléguée du Fffod.

Du point de vue de l’entreprise, la digitalisation facilite la mise en oeuvre d’actions de formation, par exemple lorsque les salariés travaillent en horaires décalés ou sur des sites éloignés. Ainsi, Vietnam Airlines, avec le soutien d’Opcalia, propose des formations aux langues à la carte, par téléphone et hors temps de travail, tandis que Meilleurstaux.com utulise le e-learning pour mettre à niveau ses collaborateurs, avant de les réunir en présentiel pour des entraînements collectifs.

Bernard Barbier, directeur de Défi métiers, a toutefois alerté contre la tentation de « mettre du numérique partout » tandis qu'Aurelia Bollé soulignait la nécessité de placer le besoin du public au cœur de la réflexion. « Avec le numérique tout n’est pas gagné d’avance. On peut perdre les apprenants en situation d’i-electronisme et ceux qui n’ont pas envie de se connecter seuls. »

Une nécessité plutôt qu’un avantage concurrentiel

Les besoins du public, en particulier du « public empêché », sont au centre des préoccupations du Conseil régional, qui est prêt à faire « bouger les lignes de ses appels d’offre » pour plus de digitalisation. « Notre souhait n’est pas d’aller vers le pure digital ou le 100% numérique, mais vers du multimodal » a précisé Thierry Briffault, directeur adjoint de la Formation, rappelant que la transformation numérique de la formation est « une nécessité ».

Vision partagée par Pôle emploi, qui a commencé par digitaliser sa relation avec le demandeur d’emploi via différents services en ligne (inscription, accompagnement, etc.). « Même avec les personnes à l’aise avec le numérique, on a besoin de points de contact » a néanmoins reconnu Sandrine Hervé-Chanut.

Du côté du ministère du Travail, on souligne que la digitalisation de l’offre de formation est aussi une réponse pour des branches ayant peu accès à la formation, comme le bois. « La transition numérique est rapide et bouleverse toute l’entreprise lorsqu’elle arrive. Cette dernière ne doit pas être seule face à cette transformation » a toutefois prévenu David Anglaret, de la DGEFP, appelant les différents acteurs à la solidarité.

Si une majorité d'organismes de formation sont déjà en ordre de marche face à la digitalisation, beaucoup expriment un besoin d’accompagnement et de soutien financier.

Sur ce point, la FFP et Opcalia proposent déjà, dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA), une étude sur les référentiels métiers ainsi qu’un outil de diagnostic en ligne qui « passe en revue les impacts potentiels de la transformation numérique sur les organismes de formation » a indiqué sa secrétaire générale Nadine Gagnier.

Pas de formule magique

Concernant l’ingénierie de formation, Mathilde Istin, directrice de l’ISTF, Institut des métiers du blended learning, est venue partager des conseils méthodologiques avec les participants. Elle recommande notamment de procéder par étapes : d’abord digitaliser le présentiel, puis distancialiser le présentiel (classe virtuelle, etc.), avant d’inscrire pleinement la digitalisation dans le projet de formation.

« Il n’existe pas de formule magique. C’est à chaque organisme de trouver la bonne réponse à ses besoins » a conclu Mathilde Istin.

En savoir plus (présentation FFP)

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Vidéo diffusée à l'occasion de la rencontre du 29 mars : l'exemple de l'organisme de formation Blue Concept