Des pistes pour accélérer le recul de l'illettrisme

08 Septembre 2015

Des pistes pour accélérer le recul de l'illettrisme © Fotolia France Stratégie publie une note d’analyse fixant l’objectif ambitieux de réduire de moitié le nombre des adultes en situation d’illettrisme d’ici à dix ans.

Dans le prolongement de son rapport  "Quelle France dans dix ans ?" (2014), l’organisme de réflexion et d’expertise France Stratégie a publié le 31 août une note d’analyse "Lutter contre l’illettrisme. Un impératif économique et social". Il y dresse un diagnostic à partir des données de l’enquête IVQ (Insee-Anlci) et d'enquêtes internationales.

En 2011, sur le territoire métropolitain, 2,5 millions de personnes entre 18 et 65 ans ayant été scolarisées en France sont en situation d’illettrisme, soit 7 % de la population. Par ailleurs, 22 % des adultes âgés de 16 à 65 ans ont un faible niveau de compétences dans le domaine de l’écrit et 28 % dans le domaine des chiffres, selon l’enquête Piaac (Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes) de l’OCDE publiée en 2013.

Le niveau moyen des adultes français en lecture et en calcul est parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. La France a un niveau faible de maîtrise des compétences en lecture quatre fois plus élevé que le Japon et deux fois plus élevé que la Finlande.
Les secteurs professionnels les plus touchés sont l’agriculture, l’industrie et l’agroalimentaire.

Face à ce constat, France Stratégie souhaite que soit affirmé le droit pour chaque individu à un socle minimum de compétences de base et propose un ensemble d’actions de prévention et d’accompagnement :

  • le salariés pourraient bénéficier d’une formation spécifique dans le cadre du CPF (Compte personnel de formation) ;
  • les « actions éducatives familiales » menées avec les parents qui ne maîtrisent pas suffisamment les compétences de base pour accompagner la scolarité de leurs enfants devraient être amplifiées ;
  • outre le plan de lutte contre le décrochage scolaire, d’autres actions spécifiques pourraient être proposées aux jeunes ;
  • des dispositifs de soutien personnalisé mis en place dans les établissements scolaires devraient être renforcés.

Pour atteindre cet objectif, il faudrait y consacrer environ 50 millions d’euros supplémentaires par an, soit un budget annuel de 210 millions d’euros, contre les 160 millions actuels alloués aux politiques de lutte contre l’illettrisme.

Voir la note d'analyse "Lutter contre l'illettrisme. Un impératif économique et social"

Un rendez-vous à ne pas manquer

L’Anlci (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme) organise chaque année des journées nationales d’action contre l’illettrisme. L’édition 2015 se tiendra du 8 au 13 septembre : des conférences, des ateliers d’écriture et des rencontres avec des recruteurs seront proposées.

Céline Desserre

 

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