Crise du Covid-19, Simplon lutte contre la fracture numérique

10 Avril 2020

© Adobe Stock A l’annonce des premières mesures de confinement, Simplon a basculé sur des formations à distance 100 % digital. Avec ses partenaires, l’entreprise sociale et solidaire met en œuvre des solutions pour soutenir ses stagiaires les moins favorisés.

Créé en 2013 pour faire du numérique un levier d’inclusion des personnes les plus éloignées de l’emploi, Simplon doit aujourd’hui faire face à un double défi. Face à la crise inédite née de la pandémie du coronavirus, cette start-up doit assurer la continuité pédagogique à distance d’un public jusqu’ici formé en présentiel et répondre au risque fort de décrochage de ses stagiaires les plus vulnérables.

Du 13 au 16 mars, les 300 collaborateurs de l’entreprise sociale et solidaire se sont mobilisés pour organiser leur télétravail et digitaliser entièrement les parcours. Autour de sa plateforme d’apprentissage collaborative, Simplon a construit une offre adaptée à son public constitué en grande majorité de demandeurs d’emploi et de personnes peu ou pas qualifiées. Ses quelque 2 500 stagiaires en cours de formation sur tout le territoire ont, en effet, besoin d’un accompagnement resserré.

“Nous disposions des outils et du savoir-faire technologiques. Mais il a fallu travailler sur une ingénierie active à distance qui doit intégrer près de six rendez-vous quotidiens en ligne et s’appuyer sur un mode projet”, confirme Frédéric Bardeau, président et cofondateur de Simplon.

Cette bascule, réalisée en un temps record, continue aujourd’hui à se déployer à grande échelle et le dispositif sera amené à évoluer dans la durée. Seules les formations qui n’avaient pas démarré au moment de la décision de fermer les écoles et les organismes de formation au public ont dû être totalement arrêtées. Cela représente environ 30 % d’activité en moins pour le réseau labelisé Grande école du numérique.

Lutter contre le décrochage

Fidèle à son ADN d’inclusion par le numérique, Simplon concentre désormais ses forces sur le sujet sensible du décrochage de ses stagiaires les plus fragiles. “Nous avons 15 à 20 % de personnes en situation particulièrement difficile faute d’un accès à internet, faute de matériel ou des compétences numériques de base nécessaires pour se former à distance. Nous travaillons avec nos partenaires pour déployer des solutions”, précise Frédéric Bardeau.

L’écosystème de l’économie sociale et solidaire est au rendre-vous. Avec l’appui d’Emmaüs Connect ou encore d’Ecodair, un premier équipement et des cartes 4G sont ainsi livrés aux stagiaires. Simplon s’appuie également sur son savoir-faire en médiation numérique pour favoriser, si besoin, l’appropriation des technologies numériques.

Les alternants se posent des questions sur la poursuite de leur activité dans les entreprises. Or, ces dernières ont plus que jamais besoin des compétences digitales. Certains métiers, déjà en tension avant la crise sanitaire, sont extrêmement demandés comme la médiation numérique, la cybersécurité et les expertises autour des technologies du cloud. Pour y répondre, Simplon avait déposé des demandes d’enregistrement de nouvelles certifications professionnelles.

Selon Frédéric Bardeau, on peut craindre un ralentissement dans la gestion de ces dossiers. Le dirigeant appelle d’ores et déjà à se préparer aux conséquences économiques inévitables de la pandémie de coronavirus et à la nécessité de renforcer les parcours de reconversion et de formation.

Catherine Trocquemé  (Centre Inffo pour Défi métiers)

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