CPF : un dispositif sous-utilisé ?

06 Septembre 2016

CPF : un dispositif sous-utilisé ? © Fotolia A l'occasion d'un billet publié dans la revue France Forum, l’économiste Nicolas Bouzou formule des propositions pour améliorer l’efficacité du Compte personnel de formation (CPF).

Depuis quelques années, le fonctionnement du marché du travail est mieux compris, explique l’économiste Nicolas Bouzou dans son billet « Une idée pour la formation continue » publié dans le n° 62 de la revue France Forum.

Selon le président d’Astérès, les économistes s’accordent aujourd'hui sur différents points : les allégements de charges ont un impact positif sur l’emploi ; un salaire minimum trop élevé est un obstacle à l’emploi ; un chômeur qui ne cherche pas activement un emploi doit être sanctionné ; les allocations chômage doivent être dégressives ;  les lois qui protègent l'emploi freinent les destructions d’emploi, mais ralentissent également les créations d’emploi.

Pour permettre à l’économie de créer de l’emploi, Nicolas Bouzou préconise de « libérer les entreprises ». Mais comment garantir que les salariés licenciés s’adaptent, eux aussi, et se reconvertissent dans un métier d’avenir ? La réponse réside dans la formation, assure l’économiste.

Dans une économie mouvante, « les effets de la formation s’étendent bien au-delà de la seule sphère professionnelle », explique Nicolas Bouzou. L’investissement dans le capital humain est le premier levier de compétitivité dans une économie de plus en plus fondée sur la connaissance. Pour les territoires, une politique de formation bien pilotée est « un formidable levier de développement local ». Enfin, la formation permet une égalité des chances effective et réduit les inégalités en favorisant des trajectoires professionnelles ascendantes.

Or, poursuit l’économiste, le système de formation continue français actuel souffre de plusieurs maux :

  • les adultes ne sont pas égaux face à la formation : ce sont les plus diplômés, les mieux insérés dans l’emploi et les salariés des grandes entreprises qui en bénéficient le plus ;
  • la complexité administrative et un pilotage centré sur les dispositifs au détriment des bénéficiaires et de leurs réels besoins entravent l’autonomie individuelle en matière de formation ;
  • le marché de la formation est préempté par des dispositifs administratifs qui freinent l’innovation et empêchent les organismes d’adapter leur offre aux évolutions de la demande et des technologies.

« La loi du 5 mars 2014 a opéré une avancée significative, mais l’importance croissante des enjeux appelle une réforme plus ambitieuse » estime Nicolas Bouzou, assurant qu'il faut donner beaucoup plus d’importance au Compte personnel formation (CPF) qu'il considère comme un bon dispositif, mais un dispositif sous-utilisé. Il recommande notamment d’en faire « sauter le plafond », de « permettre à tout le monde de l'abonder », et de créer un « Compte jeune formation » pour faire décoller l’alternance.

Voir le billet de Nicolas Bouzou

Patricia Holl

Tags : CPF | marché du travail | formation