Comment les Opca ont-ils modifié leur offre de services depuis 2014 ?

11 Avril 2018

© Fotolia Depuis la réforme de 2014, le métier des Opca s’est considérablement transformé, entraînant le développement de l’activité de conseil ajustée aux attentes des entreprises.

Annoncé par le gouvernement le 5 mars 2018, le « big bang » de la formation professionnelle va marquer un nouveau tournant dans l’histoire des Opca (organisme paritaire collecteur agréé). Ces organismes vont abandonner leur mission de collecte des contributions des entreprises au titre du financement de la formation professionnelle. Cette mission sera assurée à l’avenir par l’Urssaf.

Dans une nouvelle étude publiée le 27 mars, le Céreq revient sur la mutation des Opca débutée sous l’effet de la loi Sapin du 5 mars 2014. Cette étude a été engagée en 2015 dans le cadre d’une convention triennale avec la DGEFP. Défi métiers a publié les premiers travaux du Céreq dans ce domaine il y a quelques semaines.

Quatre Opca (Agefos PME, Unifaf, Opca Transport et Services et Constructys, implantés dans trois régions (Paca, Ile-de-France, Bretagne), constituent le corpus de l’étude.

La réforme de 2014 est venue bouleverser le modèle économique des Opca qui reposait essentiellement sur les contributions obligatoires versées par les entreprises au titre du plan de formation (le 0,9 %). La quasi-disparition de cette obligation par un grand nombre d’entreprises (celles de plus de 50 salariés) a conduit les Opca à mettre en place une offre de services complète et hiérarchisée qui se déploie autour de quatre dimensions :

  • l'information, la communication et la promotion de la formation ;
  • l’analyse des besoins et les diagnostics RH d’entreprise ;
  • les études et la prospective des métiers à travers les observatoires gérés par les Opca ;
  • la mise en œuvre des dispositifs de formation de droit commun et celle de dispositifs de GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) et GEPC-territoriale. Les prestations se doivent être attractives et individualisées pour inciter les entreprises à verser les contributions volontaires (dites « libres ») prévues par la loi Sapin. 

Enfin, outre le rôle de régulateur de la qualité de l’offre de formation confié par la réforme de 2014, les Opca peuvent aussi agir « en appui à l’achat de formations avec le développement d’une offre de formation collectives ouvertes à tous leurs adhérents ». Mais les Opca et les TPE peinent encore à se rencontrer, c’est ce qui résulte de la série d’entretiens menés par le Céreq auprès des petites entreprises. Dans la plupart des cas, ces dernières semblent méconnaître encore l’offre de services dont elles pourraient bénéficier. Et celles qui entretiennent des liens avec les Opca le font souvent une fois des actions de formations déjà financées, en vue d’obtenir le remboursement.

Télécharger Bref n°362, Cereq, mars 2018

Céline Desserre

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