Comment les missions locales ont-elles traversé la crise sanitaire du Covid-19 ?

17 Juin 2020

Comment les missions locales ont-elle traversé la crise sanitaire du Covid-19 ? © Fotolia Du 13 au 20 mai, la Dares a réalisé une enquête flash auprès de 437 missions locales (217 répondants) afin d'évaluer l'impact de la crise sanitaire sur leur activité et sur leurs publics.

Les deux tiers des missions locales ont complètement fermé leurs lieux d’accueil pendant le confinement. Le dernier tiers a accueilli uniquement le public en situation d’urgence. 95 % des missions locales ont eu au moins la moitié de leurs agents en télétravail.

Pour la plupart des missions locales, le contact avec les jeunes a généralement pu être maintenu : une mission locale sur deux a réussi à rester en contact avec plus de 80 % des jeunes suivis.

En toute logique, les outils numériques et de téléphonie ont été plus utilisés depuis le 16 mars, pour le maintien du contact avec les jeunes. Près de neuf missions locales sur dix utilisent davantage le téléphone ou les mails qu’avant la crise, et trois missions locales sur quatre utilisent davantage les SMS, les réseaux sociaux (ou autre messagerie), ou les appels vidéo. 

Parcours d’insertion maintenus

Dans la majorité des missions locales, l’accueil de nouveaux jeunes et les entrées en dispositif se sont arrêtés pendant le confinement mais les parcours d’insertion entamés avant le 16 mars ont pu être maintenus pour la plupart des jeunes concernés.

Le nombre d’entrées dans les différents dispositifs d’insertion a été fortement impacté par la crise : 84 % des missions locales ne recensent ainsi aucune entrée en Garantie jeunes.

En revanche, les Garantie jeunes et les Pacea (Parcours contractualisés d'accompagnement vers l'emploi et l'autonomie) en cours n’ont le plus souvent pas été interrompus prématurément à cause de la crise : seules 8 % des missions locales ont été concernées par des interruptions de Pacea, et 5 % par des interruptions de Garantie jeunes.

Dans plus de neuf missions locales sur dix, des jeunes ont pu entrer en emploi depuis le 16 mars. Ces entrées ont principalement eu lieu dans les secteurs en tension pendant la crise : services à la personne et à la collectivité, ainsi que dans le secteur du commerce, de la vente et de la grande distribution.

Parallèlement, les missions locales ont également dû trouver des solutions aux problèmes, créés ou amplifiés par la situation de confinement, auxquels les jeunes ont pu être confrontés. Pendant cette période, les jeunes suivis en mission locale se sont plus souvent retrouvés en situation de fragilité : en outre, dans 43 % des missions locales, une majorité des jeunes ont indiqué rencontrer des problèmes financiers depuis le 16 mars.

Difficultés à venir

En ce qui concerne les prochains mois, les missions locales prévoient plutôt une hausse de leurs effectifs de jeunes accompagnés. Elles anticipent des difficultés quant à leurs conditions d’activité pour la suite du déconfinement, notamment en termes de débouchés des jeunes.

Télécharger l’enquête flash de la Dares auprès des missions locales

Patricia Holl

Tags : missions locales | Covid19 | jeunes | pratiques en orientation