Choisir sa plateforme de gestion de la formation avec le Fffod

24 Février 2022

© Andrea Picquadio (Pexels) Le Fffod a présenté récemment la 8ème édition de son guide des plateformes de gestion de la formation. 24 plateformes propriétaires et 6 plateformes open source ont été analysées par un collectif d’experts.

Le nouvel opus du Forum des acteurs de la formation digitale (Fffod) consacré aux plateformes de gestion de la formation, n’est pas une compilation de fiches techniques éditeur, mais bien un guide : pensé et créé par des experts utilisateurs, il est sous-tendu par une méthode qui aidera non seulement le lecteur à faire son choix, mais aussi à déployer la solution qu’il aura acquise dans un cadre de bonnes pratiques. Dixit Aurélia Bollé, déléguée générale de l’association : « nous voyons bien qu’il faut désormais travailler sur un cadre de référence pour établir les critères indiscutables et partagés par tous d’une multimodalité vraiment qualitative […] »

30 plateformes propriétaires et open source

Pour cette édition 2022, ce ne sont pas moins de 18 membres du Fffod, cordonnés par Jean-Luc Peuvrier, qui ont passé en revue une offre pléthorique avec une méthodologie revue et affinée. Il ressort de ce travail collectif et collaboratif une bonne nouvelle saluée par Isabelle Hoondermarck, conseillère en formation continue au Cafoc de Créteil en charge de la pédagogie numérique et de la professionnalisation des acteurs : les plateformes ne cessent de progresser et les nouveaux entrants débarquent avec des produits aboutis. Qui plus est, avec pas moins de 24 plateformes propriétaires et 6 open source analysées, la concurrence joue à plein et le rapport qualité prix s’élève. L’offre ne fait pas que s’élargir, elle évolue aussi fortement, au point que la question s’est posée de continuer à consacrer ce nouveau guide aux LMS ou de passer aux LXP[1] ou LEP[2], précise Gilles Macchia, consultant indépendant NewLearn.

Alors, pourquoi finalement encore et toujours les LMS ? Tout simplement parce que ces dernières ont su intégrer les innovations proposées par les autres progiciels. En 2022, un LMS – pas tous mais le guide du Fffod permet de vérifier lesquels -, est ainsi capable de se décliner sur mobile, de proposer des fonctionnalités de GPEC, de la génération de contenus par les utilisateurs, des parcours adaptatifs, de la gamification ou, encore, de la remise de badges.

Combien ça coûte ?

En matière de coûts, le Fffod ne déroge pas à sa règle qui consiste à n’accorder que peu d’importance au seul prix d’acquisition affiché sur étagère. Tania Choppy, fondatrice du cabinet de conseil en formation Thelcée, invite à penser projet, raison pour laquelle le guide détaille les nombreux postes de coûts d’installation et d’exploitation. Elle le précise, ce n’est pas tant le choix d’une solution propriétaire ou open source qui fait la différence que l’adoption d’une solution SaaS[3], externalisée dans le cloud, ou On premise [4], installée sur les ordinateurs du client. Attention également aux nombreux « coûts cachés, liés à la gestion de projet et à la formation des équipes. »

Le prix moyen ? 300 euros par an pour 300 utilisateurs, estimation qui tombe à 10 euros pour une licence de 3 000 utilisateurs. Mais attention, les prix sont fonction des solutions utilisées : « l’intégration d’une classe virtuelle fait exploser les coûts », prévient Gilles Macchia.

Qualité

Côté qualité, c’est Valéry Legoupil, responsable du digital à l’université du domicile, qui souligne que les LMS permettent de « contribuer à satisfaire » certains critères Qualiopi, que le guide LMS du Fffod s’est efforcé de répertorier et classer dans un tableau synoptique.

Support utilisateur

« Bien cerner l’importance du support utilisateur », c’est un autre point de vigilance du guide LMS, pointé par Thibaut Sehier, chef de projet informatique chez Axilos, studio de création e-learning. Ceci car le support, pédagogique et technique est bien ce qui permet de tirer le meilleur parti de l’outil plateforme. Cela inclut le service après-vente mais doit « commencer bien avant, dès le début du parcours d’achat », prévient-il. On n’oubliera pas non plus que la responsabilité de la charge du support utilisateur est différente, selon que l’on opte pour une plateforme propriétaire ou open source.

Ça dure longtemps ?

Au-delà de l’analyse du support utilisateur, le guide LMS a également passé au crible d’une grille d’observation combinant 27 critères et 295 indicateurs les capacités de « maintien en condition opérationnelle » d’un LMS. Les six plateformes Open source répertoriées par le Fffod ont ainsi été « torturées », selon l’expression du responsable d’Addeo Jacques Peyrondet, sur cinq axes : la disponibilité, la performance, la sécurité, la résilience[ 5 ] et la fiabilité. Une différence majeure entre les plateformes propriétaires et open source ? Sans doute une propension moindre des solutions propriétaires à intégrer, « de base », des fonctions d’interactions collaboratives, avance Isabelle Hoondermarck.

En complément de la version publique librement accessibles sur le site du Fffod, des contenus exclusifs et complémentaires sont réservés aux membres.

LMS – Comment choisir sa plateforme ?

Nicolas Deguerry (Centre inffo pour Défi métiers)

 

Notes

1. Learning experience platform ou plateforme d’expérience d’apprentissage

2. Learning engagement platform, ou plateforme d’expérience apprenante engageante.

3. Software as a service.

4. Sur site.

5. Entendu comme la capacité de fonctionnement en environnement dégradé.

 

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