Certifier ou pas son offre de formation...

28 Novembre 2019

Certifier ou pas son offre de formation... © Défi métiers Trois cents professionnels de la formation ont assisté au Rendez-vous de la formation et de l’orientation organisé par Défi métiers le 26 novembre avec la FFP. Au cœur des préoccupations : pourquoi rendre son offre de formation certifiante ?

Aucun doute pour Martine Paty, adjointe au chef de bureau des diplômes professionnels au ministère de l’Education nationale, l’évolution du système de certification est une révolution. En effet, les diplômes doivent désormais être actualisés pour être renouvelés tous les 5 ans. De plus, les Commissions professionnelles consultatives devenant interministérielles, avec moins de participants et plus de représentants du monde professionnel, la redondance entre certifications devrait être réduite et l’identification de passerelles entre certifications facilitée.

Conscient de la nécessité de mieux accompagner les organismes de formation susceptibles de demander l’enregistrement d’une certification, Vincent Caputo, directeur adjoint de la certification professionnelle à France compétences, après avoir rappelé la finalité de la certification, a apporté précisions et recommandations concernant, par exemple, la différence entre les deux répertoires, les critères d’enregistrement, les modalités de validation, la composition du jury avec une diversité de membres… Si la priorité de l’instruction est accordée au renouvellement, trois à quatre mois restent en moyenne nécessaires à l’instruction d’un dossier dûment complété. La liste des métiers émergents, réalisé à partir de contributions, sera bientôt disponible et complétée début 2020 : les certifications en lien avec ces métiers bénéficieront d’un enregistrement simplifié pour 3 ans (existence de deux promotions non requise).

Les témoignages de certificateurs ont apporté aussi de précieux éclairages.Viviane Touzet, responsable de la certification de la branche retraite complémentaire et prévoyance, confirme l’intérêt des CQP spécifiques à la branche pour répondre aux évolutions de l’environnement (législatif, transition numérique etc.) et faciliter la mobilité des salariés. Mais aussi l’intérêt de s’adosser à des certifications existantes pour valoriser, par exemple, l’expérience de salariés tels les managers de proximité, à qui la branche propose d’accéder à une licence par la voie d’un parcours personnalisé de VAE et de la formation en tant que de besoin.

Pour Jean-Philippe Taieb, dirigeant du groupe Naxis, il y a dans cette réforme une « opportunité de marché » qui suppose de questionner avant tout le positionnement stratégique de l’organisme, d’analyser l’intérêt ou pas de certifier tout ou partie de son offre de formation : n’est-il pas préférable de devenir co-certificateur ou partenaire (PCIE, Tosa) ? Pour la création de certification en propre, il recommande de viser en premier lieu un enregistrement au répertoire spécifique.

Dans la même veine, Corinne Chauvin, secrétaire générale de l’Ifocop, met l’accent sur le métier de certificateur que l’organisme connaît bien (26 titres inscrits au RNCP). Elle ouvre la possibilité de partenariat avec des organismes de formation, leur évitant ainsi de devenir certificateur.

Christopher Sullivan, directeur général de PCIE-ICDL France, met quant à lui l’accent sur l’intérêt de la reconnaissance officielle permise par des certifications visant à attester de compétences transversales comme celles visée par le PCIE. Cette certification, adossée à un référentiel européen et adaptée aux réalités françaises, est en évolution continue depuis 20 ans et délivrée aujourd’hui par 700 organismes habilités.

Document d'introduction sur la certification professionnelle

Les participants sont invités à poursuivre leurs recherches sur le nouvel espace dédié à la certification professionnelle du site Défi métiers.

Françoise Lemaire, avec Jonathan Singaye (vidéos)

Tags : certification professionnelle | certificateurs | France compétences | CQP

Podcast video de la rencontre du 26 novembre 2019
Devenir certificateur : une fausse bonne idée ?