14 territoires vont expérimenter le futur Service public de l’insertion

14 Février 2020

© Sam Balye (Unsplash) La création d’un Service public de l’insertion vise une meilleure insertion des allocataires du RSA. En parallèle de la concertation nationale engagée sur ce sujet, le gouvernement a sélectionné 14 projets d’expérimentation locale.

L’objectif du Service public de l’insertion (SPI) est d’améliorer l’orientation et l’accompagnement des allocataires du Revenu de solidarité active (RSA), notamment en privilégiant les actions tournées vers l’activité. "Aujourd’hui, les délais de prise en charge sont trop longs, l’offre d’accompagnement est très inégale selon les départements, et pas assez tournée vers l’emploi. La construction du SPI vise à harmoniser les critères d’orientation et l’offre de services", rappelle Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, qui participe à la concertation nationale.

En parallèle de cette concertation le gouvernement a lancé un appel à projets en direction des collectivités, dont les 14 lauréats* ont été dévoilés le 30 janvier. "Nous avons privilégié des projets qui proposent des systèmes intéressants de coopération entre acteurs", ajoute le haut-commissaire. L’Etat a prévu un budget global de 5 millions d’euros qui sera ventilé sur les 14 projets pour financer l’ingénierie et l’évaluation.

La formation, outil d’insertion

Parmi les lauréats, le projet porté par la Bretagne associe quatre départements et deux métropoles. "Nous travaillons ensemble depuis un an pour améliorer notre coordination sur la formation et l’insertion des publics éloignés de l’emploi", explique Aude Jourdan, directrice insertion, emploi, logement au département du Finistère. Les objectifs de l’expérimentation sont d’améliorer l’orientation et l’accompagnement des publics par des réponses coordonnées. “Aujourd’hui il y a un cloisonnement entre l’insertion (Département), l’emploi (Pôle emploi) et la formation (Région). Ce rapprochement avec la Région va faciliter l’accès des allocataires du RSA à la formation, qui est un outil d’insertion indispensable et sous-utilisé. La Région a fait un gros travail pour adapter son offre de formation à ces publics-là, maintenant c’est à nous d’aller les chercher.” 

Logique d’emploi d’abord

Parmi les autres projets, celui de l’Yonne veut améliorer la coordination entre Pôle emploi et le Conseil départemental. Un accompagnement global - social et professionnel - sera proposé par les travailleurs sociaux et les équipes de pôle emploi dans une logique “d’emploi d’abord : "Il s’agit de ne pas attendre d’avoir levé les freins périphériques pour faire travailler les gens quelques heures par semaine", résume Jean-Marie Marx. Dans le même esprit, le projet de la Seine-Maritime, centré sur le bassin d’emploi du Havre et sur les "primo-entrants" dans le RSA, souhaite proposer des immersions en entreprise à tous les allocataires. Quant au projet du Bas-Rhin, il analysera par bassin d’emploi les besoins non couverts, "afin de créer de l’activité utile à la collectivité et non concurrentielle, sur laquelle positionner les bénéficiaires du RSA", a expliqué son président Frédéric Bierry, lors d’une rencontre organisée par l’Ajis.

Les projets débuteront en mars et seront évalués au bout d’un an dans un but d’essaimage.

Mariette Kammerer (Centre Inffo pour Défi métiers)

*Département de la Loire-Atlantique, Département de Meurthe-et-Moselle, Département du Nord, Département du Bas-Rhin, Département de Haute-Savoie, Département de Seine-Maritime, Département de la Somme, Département de l’Yonne, Département de Seine-Saint-Denis, Département du Val-de-Marne, Collectivité territoriale de la Martinique, Département de La Réunion, Région Bretagne, Départements d’Ille-et-Vilaine, du Morbihan, du Finistère, des Côtes d’Armor et métropoles de Brest et Rennes, Métropole de Lyon.

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