« Plan 500 000 » : 64 000 formations supplémentaires en Ile-de-France

07 Juillet 2016

Laurent Vilboeuf - Directeur régional de la Direccte Ile-de-France.

Laurent Vilboeuf Laurent Vilboeuf confirme les engagements de l’Etat et de la Région Ile-de-France pour la prise en charge des 64 212 formations supplémentaires mises en oeuvre sur le territoire francilien dans le cadre du « plan 500 000 ».

« La clause-type qui figure dans la convention Etat/Région recommande de mettre en formation prioritairement les demandeurs d’emplois plutôt non-qualifiés ou ceux de longue durée »
Pouvez-vous rappeler la genèse et les objectifs du « plan 500 000 formations supplémentaires » ?
Il s’agit, avec l’aide à l’embauche dans les TPE et PME (48 000 demandes au 3 juin) du deuxième pilier du grand plan pour l’emploi lancé par le président de la République le 18 janvier 2016. Il vise à offrir 500 000 actions de formations supplémentaires aux « chercheurs » et demandeurs d’emplois inscrits à Pôle emploi en France sur l’année 2016. Avec cette idée forte : mieux répondre aux besoins des territoires et des entreprises par une approche territorialisée et sectorielle, notamment sur les métiers où les besoins de recrutement sont les plus forts. Il s’agit aussi de mieux préparer les personnes aux métiers dits » d’avenir », notamment ceux du numérique, de la transition énergétique ou des services à la personne. Aussi, le contexte institutionnel dans lequel s’article « le plan 500 000 formations supplémentaires » confie naturellement aux régions son pilotage. L’objectif étant de pouvoir décliner ces formations dans chaque territoire selon une ingénierie commune, mais pouvant être adaptée à la marge.
Quel rôle ont joué les Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) dans la construction de ce plan ?
Celui tout d’abord de moteur pour lancer les négociations entre les conseils régionaux, les partenaires sociaux et Pôle emploi. Nous avons rencontré initialement chacune des parties, les avons informés, dans un cadre strictement opérationnel, sur ce qu’il était possible d’engager et dans quels champs, que cela concerne les clauses techniques, c’est-à-dire les volumes disponibles, les financements, ainsi que les modalités et les délais de paiements. Mais rappelons que si l’Etat finance ce plan, ce sont les régions qui en pilotent la mise en œuvre compte tenu des compétences qui sont les leurs au regard des lois de décentralisation, dès lors qu’elles ont conclu la convention avec le Préfet de région.
Le 14 avril, la Région Ile-de-France s’est justement engagée officiellement à participer au « plan 500 000 » via la signature de la convention Etat/Région. Combien de formations supplémentaires seront réalisées ?
Avant de répondre, il est un point important à rappeler : pour que les régions puissent pleinement prendre en charge la conduite du « plan 500 000 » et bénéficier ainsi de financements de l’Etat, il leur a été demandé de financer, dès cette année, autant d’actions de formations qu’en 2015. Concrètement, la Région réalisera cette année 34 000 formations supplémentaires. L’Etat financera cet effort en apportant 102 millions d’euros. Pôle emploi réalisera également 30 212 formations. Nous arrivons ainsi à un total de 64 212 formations supplémentaires réalisées cette année en Ile-de-France pour les demandeurs et les chercheurs d’emploi.
Une catégorie de demandeurs d’emploi est-elle davantage concernée par le dispositif et quels secteurs d’activité seront majoritairement concernés ?
La clause-type qui figure dans la convention Etat/Région recommande de mettre en formation prioritairement les demandeurs d’emplois plutôt non-qualifiés ou ceux de longue durée. S’agissant des actions de formation, nous avons identifié, comme il est mentionné dans l’annexe de la convention, plusieurs types de formations : certifiantes, qualifiantes, modulaires, professionnalisantes, et de préparations à la qualification ; mais également des actions de professionnalisation, ainsi que des remises à niveau de savoirs de base. La Région, dans ce cadre, ambitionne de financer de nouvelles places de formations courtes dans les domaines du numérique, de la bureautique et du perfectionnement ou de l’apprentissage de l’anglais professionnel. C’est donc un programme déterminant pour former les personnes en recherche d’emploi dans notre région : je rappelle que pratiquement les deux-tiers des demandeurs d’emploi de longue durée ont un diplôme inférieur ou égal au baccalauréat. C’est aussi un enjeu de performance globale de notre économie régionale auquel contribuent avec détermination l’Etat, la Région, Pôle emploi, les partenaires sociaux et tous les acteurs réunis au sein du Crefop.

Propos recueillis par Christian Capitaine (mars 2016)

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