Emplois d'avenir : l'Ile-de-France à la hauteur des enjeux du dispositif

30 Juillet 2014

Anne Graillot - Cheffe adj. du département des Politiques de l'emploi à la Direccte Idf

La région affiche de bons résultats quant au respect des critères qualitatifs préconisés dans le cadre du développement des Emplois d'avenir. En revanche, la part des entrées en formation est inférieure à la moyenne nationale.

« Le dispositif est désormais bien lancé et sa prise en charge est bonne. »
Combien de contrats ont-ils été signés en Ile-de-France ?
Au 7 juillet et depuis le début du dispositif, 15 641 Emplois d'avenir ont été conclus en Ile-de-France. La taille de la région et son nombre important d’acteurs ont demandé un temps de mobilisation important, et le dispositif a pris son essor en septembre 2012. Dans le détail, 12 266 contrats ont été signés dans le secteur non marchand et 3 195 dans le secteur marchand.
Quelle est la « qualité » des emplois signés ?
Nous sommes très au dessus de la moyenne nationale en matière de durée de la convention initiale. Au niveau national, dans le secteur non marchand, elle est de 9 mois, alors qu'elle est de près de 12 mois en Ile-de-France. Ce constat est sans doute à relier aux forts enjeux qualitatifs qui ont été portés dans la région pour les Emplois d'avenir. Cette mobilisation vertueuse se traduit aussi par les types de contrats signés, la part de CDI, cumulée pour les secteurs marchand et non marchand, étant de 34 % en Ile-de-France, contre 24 % pour la France entière.
Quel est le profil des bénéficiaires ?
En Ile-de-France 28,9 % des jeunes recrutés résident dans un quartier classé en ZUS. C'est très supérieur à la moyenne nationale, qui est de 17,9 %. Ceci s’explique en partie par le nombre important de ZUS dans la région. La part des jeunes sans diplôme est aussi supérieure en Ile-de-France : au global, elle est de 57 %, contre 40,6 % en France entière. Les prescripteurs franciliens ont donc vraiment « joué le jeu » pour les recrutements en Emploi d'avenir. Nous pourrions aussi formuler l’hypothèse selon laquelle le dispositif Emploi d’avenir répond vraiment aux besoins des jeunes suivis par les missions locales d’Ile-de-France.
Le déploiement des Emplois d'avenir en Ile-de-France est donc satisfaisant ?
Le dispositif est désormais bien lancé et sa prise en charge est bonne. Il nous reste néanmoins à dépasser quelques difficultés durant la prescription et dans le suivi de la formation. Nous avons noté il y a 3 mois que la part de jeunes faisant l'objet d'un parcours de formation en Ile-de-France était très inférieure à la moyenne nationale. Ils sont encore aujourd'hui 50 % concernés, contre 79 % au national. Depuis mars dernier, nous mettons tout en œuvre pour réduire cet écart. Nous avons pris d'abord des mesures pour résorber les retards de saisie des entrées en formation dans le système d'information. Cela a permis une très forte progression car il y a 3 mois, seuls 25 % des jeunes étaient réputés bénéficier d’un parcours de formation.

Nous devons poursuivre nos efforts, en redoublant d’appui au réseau. Nous avons par exemple demandé à l’Afpa Transition et à Défi métiers de rédiger un « argumentaire et guide d’objections » destiné aux missions locales et aux Opca afin d’asseoir une cohérence de discours sur l’obligation de formation vis-à-vis des employeurs. Une nomenclature est également en cours de réalisation, afin de préciser le moment où l'on peut considérer un engagement en formation effectif et le renseigner dans le système d'information.

Les prescripteurs rencontrent-ils des difficultés avec le dispositif ?
Avec les Emplois d'avenir, on a confié des responsabilités de prescription globale aux missions locales, ce dont elles n'avaient pas l'expérience. Outre les responsabilités d'orientation et de suivi, qui sont au cœur de leur mission, ce dispositif leur confie également des responsabilités administratives et juridiques. Comme pour toute évolution importante, ce n'est pas toujours simple mais nos services, les unités territoriales, assurent une veille active pour faciliter le dépassement des difficultés éventuelles. Le dispositif des Emplois d'avenir, en plus de sa fonction centrale de lutte contre le chômage des jeunes en difficulté, contribue à la professionnalisation des missions locales. Il a permis de souligner les points forts de leur savoir-faire, mais également les points à renforcer, qui nécessitent un appui.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne (juillet 2014)

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