Accès des travailleurs handicapés aux formations de droit commun : les aides de l'Agefiph

23 Septembre 2013

Philippe Ephritikhine - Délégué régional adjoint de l’Agefiph d’Ile-de-France

Accès des travailleurs handicapés aux formations de droit commun : les aides de l'Agefiph L’Agefiph se mobilise pour l’accès des personnes handicapées à la formation professionnelle et à l’apprentissage. Philippe Ephritikhine expose les moyens d’intervention de l’association.

« Le soutien que nous apportons intervient au titre de la compensation des situations de handicap, en privilégiant les réponses individualisées en fonction des besoins. »
A l’occasion de la matinée de sensibilisation « Accueillir les personnes handicapées en formation et en apprentissage », organisée le 28 mars 2013 par le GIP Défi métiers, vous vous exprimiez sur l’accès des personnes en situation de handicap aux formations de droit commun. Pourquoi l’Agefiph soutient-elle cette démarche ?
L’Agefiph défend le principe d’égalité d’accès de tous les publics aux dispositifs de formation de droit commun, ainsi que celui de l’intégration des personnes en situation de handicap en milieu et dans des actions ordinaires. Le soutien que nous apportons intervient au titre de la compensation des situations de handicap, en privilégiant les réponses individualisées en fonction des besoins. Cette compensation se concrétise par des aides d’ordre technique, mais pas uniquement, puisque nous intervenons également sur du renforcement pédagogique ou encore du suivi psychopédagogique : sur tout ce qui est nécessaire pour créer à la fois les conditions d’accès, mais aussi de réussite, dans les actions de formation.
Quelles sont les modalités d’intervention de l’Agefiph Ile-de-France?
Nous intervenons en complémentarité des autres dispositifs de manière qualitative, quantitative et réactive. Lorsque certaines natures de handicap ne peuvent accéder à des actions de droit commun qui ne leurs sont pas adaptées, nous construisons une action en réponse à la situation de handicap, avec un objectif d’accès à la qualification : ce sont des actions dites « spécifiques ». La population demandeuse d’emploi handicapée se caractérisant par de faibles niveaux de qualification, certaines formations sont aussi « surconsommées » par ce public. L’Agefiph soutient alors l’offre de droit commun afin d’augmenter la quantité de ces actions. Pour cela nous achetons des actions en collectif, complétons des achats, ou co-achetons des actions en priorisant certains types de formation. Nous menons par exemple actuellement une réflexion en ce sens avec la Région pour le prochain plan « Compétences ». Enfin, nous pouvons acheter des actions afin d’anticiper l’entrée en formation, ou d’en prolonger la durée, en fonctions des besoins de la personne en situation de handicap. Cela permet par exemple d’adapter certaines actions de formation aux périodicités annuelles, notamment dans les secteurs réglementés comme le paramédical, ou de ne pas briser la dynamique de formation lorsqu’une session est complète.
Existe-t-il des aides pour les organismes de formation ?
Il y a eu une période où l’Agefiph finançait la fonction de référent handicap dans les organismes de formation. Cela n’est plus d’actualité, car sur le même principe d’accès de tous les publics aux actions de droit commun, nous n’avons pas à spécialiser cet accueil qui relève des conditions pour émarger aux fonds publics, dont les personnes en situation de handicap font partie des publics prioritaires. Pour les compensations physiques ou techniques, il est en revanche possible de faire appel à une kyrielle d’aides, consultables sur notre site. Nous pouvons également intervenir sur des surcoûts pédagogiques lorsque la situation de handicap d’une personne nécessite une prise en charge particulière : adaptation des supports pédagogiques, renforcement humain, etc.
L’Agefiph soutient l’apprentissage. Cela passe-t-il par des aides aux CFA ?
Dans l’alternance, les moyens financiers de l’Agefiph se concentrent sur les contrats de professionnalisation, ou sur des dispositifs préalables à l’entrée en alternance. Nous avons malheureusement des blocages d’intervention pour l’apprentissage, car à ce jour nous ne sommes pas censés financer les surcoûts pédagogiques dans la partie CFA. Les apprentis ont le statut de salariés, et l’Agefiph n’intervient dans la formation des salariés que sur des situations de maintien dans l’emploi. Mais nous avons actuellement en chantier une modification de notre intervention pour tenir compte de la spécificité du contrat d’apprentissage.

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne

 

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