Le Conseil en évolution professionnelle

Mis à jour le 18 Octobre 2016

Le Conseil en évolution professionnelle ©  Fotolia Créé dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle 2014, le Conseil en évolution professionnelle (CEP) a pour ambition de favoriser l'évolution et la sécurisation du parcours professionnel de chaque actif.

  • Un service d'orientation sur-mesure pour les actifs

    La loi du 14 juin 2013 relative à la sécurisation de l’emploi a institué la création du conseil en évolution professionnelle (CEP). La loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale a défini les contours de ce nouveau service, précisant notamment les logiques de mobilisation du CEP.

    Mesure phare de la réforme de la formation professionnelle, avec le compte personnel de formation (CPF), le CEP a pour ambition de favoriser l’évolution et la sécurisation des parcours professionnels des actifs. A ce titre, il trouve son fondement dans l’art 6111-3 du Code du travail qui affirme que « Toute personne dispose du droit à être accompagnée, conseillée en matière d’orientation professionnelle, au titre du droit à l’éducation garanti à chacun par l’art. L. 111-1 du code de l’éducation ».

    Un arrêté publié le 16 juillet 2014 fixe le contenu du cahier des charges que devront respecter les prestataires du conseil en évolution professionnelle (CEP) à compter du 25 juillet 2014.

  • Une aide pour faire le point et évoluer

    Le Conseil en évolution professionnel (CEP) est un service gratuit, accessible à tout actif (salarié, travailleur indépendant, artisan, apprentis, etc.) en emploi ou en recherche d’emploi, quels que soient son âge, son secteur d’activité et sa qualification.

    Le CEP est délivré à la seule initiative de la personne : cette dernière est libre de solliciter ou non le CEP, de mettre en œuvre son projet et de choisir les modalités de son accompagnement. Si la personne est en emploi, le CEP doit se dérouler en dehors du temps de travail, sauf accord de branche contraire.

    Les étudiants et les retraités n’ont pas accès au CEP, sauf lorsqu’ils occupent un emploi.

    L’objectif du CEP est d’aider la personne à faire le point sur sa situation professionnelle et à clarifier celle-ci, à comprendre son environnement professionnel, ainsi qu’à se repérer dans l’offre de formations et de qualifications professionnelles.

    Plus précisément, le CEP doit :

    • accompagner les projets d’évolution professionnelle (mobilité interne / externe) en prenant en compte les besoins économiques actuels ou futures notamment au niveau territorial ;
    • faciliter l’accès à la formation en identifiant l’offre de formation accessible et les financements mobilisables pour cette formation ;
    • permettre, si besoin, le recours au compte personnel de formation (CPF). 

    Trois niveaux de conseil

    Le CEP s’appuie sur une offre de services structurée autour de 3 niveaux. Ces différentes étapes sont mises en œuvre en fonction des besoins et des souhaits du bénéficiaire, ou encore de la maturation de son projet d’évolution professionnelle.

    • 1er niveau : l’accueil individualisé
      Cet accueil, réalisé dans les conditions communes à l’ensemble des membres du Service public régional de l’orientation (SPRO), doit permettre au bénéficiaire d’analyser sa situation professionnelle, de décider de la poursuite ou non de ses démarches et d’identifier les acteurs susceptibles de l’y aider.
    • 2eme niveau : le conseil personnalisé
      Le conseil personnalisé doit permettre au bénéficiaire de formaliser son projet d’évolution professionnelle et d’y assortir une stratégie. À partir du 2e niveau, le bénéficiaire du conseil est suivi par un référent qui sera son interlocuteur jusqu’à la fin du processus.
    • 3eme niveau : l’accompagnement à la mise en œuvre du projet
      L’accompagnement à la mise en œuvre du projet doit permettre au bénéficiaire de disposer d’un plan d’actions et d’un soutien global à la réalisation de son projet.

    Les prestations de 2eme   et de 3eme niveaux donnent lieu à l’élaboration d’un document de synthèse remis au bénéficiaire et récapitulant  les services dont la personne a bénéficié, la description de son projet d’évolution professionnelle et la stratégie envisagée pour le mettre en œuvre, le plan d’actions (formation, etc.).

  • Une offre de services personnalisée

    Les services dispensés dans le cadre du conseil en évolution professionnelle (CEP) sont individualisés et adaptés aux contraintes d’organisation de chaque bénéficiaire. Toutefois, certains segments du CEP peuvent être dispensés dans un cadre collectif.

    De même, si les services du CEP sont délivrés principalement en mode présentiel, lorsque la situation l’exige, le conseil en évolution professionnelle peut être délivré à distance en complément des services en présentiel. L’offre de service à distance répond aux mêmes exigences que l’offre de services en présentiel, notamment en termes de suivi.

    Les salariés sont  informés de la possibilité de recourir au CEP par leur employeur, par exemple à l’occasion de leur entretien professionnel. Les salariés qui le désirent peuvent d’ailleurs réinvestir les résultats de leurs entretiens professionnels dans le cadre du CEP. Il n'est pas nécessaire d'obtenir l'accord de l'employeur pour bénéficier du CEP.

  • Un réseau d’acteurs nationaux et régionaux

    La délivrance du conseil en évolution professionnelle est confiée à cinq opérateurs nationaux, choisis en raison de leur couverture du territoire et de leurs missions en matière de conseil et d’accompagnement :

    • Pôle emploi ;
    • Cap emploi ;
    • l’Apec ;
    • les missions locales ;
    • les opacif.

    Les Régions sont également en mesure de désigner des opérateurs régionaux, après concertation au sein du bureau du Comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles (Crefop).

    Pour garantir leur impartialité, les opérateurs régionaux "ne peuvent exercer ni une activité conduisant à la réalisation d’actions de formation ni une activité de service conduisant à la réalisation de prestations pouvant être mobilisées en appui du processus de définition et de mise en œuvre du projet professionnel", précise le cahier des charges.

    Les opacif (Afdas, Agecif Cama, FafSea, FafTT, Uniformation, Unifaf, Unagecif) s’organisent actuellement pour mettre en place le CEP. Certains envisagent d’externaliser cette prestation, d’autres non. Il est probable que certains opacif se positionneront comme prestataires du CEP pour le compte d’autres organismes paritaires.

     

  • En articulation avec le SPRO

    Dans la mesure où il est mis en œuvre dans le cadre du Service public régional de l’orientation (SPRO), le conseil en évolution professionnelle (CEP) doit respecter les normes de qualité et le cahier des charges élaboré par les Régions. Cette offre de service doit, par ailleurs, être en adéquation avec les grands principes du service public.

    Les bénéficiaires du CEP peuvent mobiliser, en articulation avec leur conseiller en évolution professionnelle, d’autres prestations d’accompagnement professionnel : bilan de compétences, accompagnement VAE, appui personnalisé au projet de création ou de reprise d’entreprise, etc.

    A noter : le conseil en évolution professionnelle a de nombreux points communs avec le bilan de compétences. Pour une bonne articulation entre les deux dispositifs, une évolution du bilan de compétences sera sans doute nécessaire.

    Le service public régional de l'orientation (SPRO) est expérimenté dans huit régions depuis novembre 2013 : Aquitaine, Bretagne, Centre, Limousin, Pays de la Loire, Rhône-Alpes, Auvergne et Poitou-Charentes. Une charte a été élaborée par l'Association des régions de France (ARF), les ministères concernés et les partenaires sociaux pour définir les valeurs et objectifs à partager. L’expérimentation prendra fin en décembre 2014. Voir le document cadre de l’expérimentation.

     

  • Des professionnels spécialement formés

    Le cahier des charges du conseil en évolution professionnelle (CEP) précise que le conseiller en évolution professionnelle doit jouer un rôle de « facilitateur », reposant sur sa capacité à être à l'écoute de la personne et à la soutenir dans la définition et la réalisation de son projet.

    Le conseiller doit notamment être en mesure « de dresser un état des lieux des atouts de la personne, de ses motivations et de ses capacités d'adaptation », « d'expliciter les objectifs poursuivis, d'identifier et d'ajuster avec la personne la stratégie envisagée », « de conseiller la personne dans sa démarche pour élaborer ou conforter son projet professionnel », « de l'aider à capitaliser sur l'expérience de la conduite de son projet », « de mobiliser toute mesure ou partenaire afin de prévenir et de réguler les éventuelles difficultés ».

    Le conseil est prodigué dans un esprit d’impartialité et de confidentialité, en respectant l’initiative de la personne. Une attention particulière est portée aux publics les plus fragiles.

    Les opérateurs du conseil en évolution professionnelle s'engagent à conduire des actions de professionnalisation de leurs personnels en vue de délivrer le conseil en évolution professionnelle. Pluisieurs organismes de formation, publics et privés, proposent déjà des sessions de sensibilisation, d'information et de formation à l’attention des futurs conseillers.

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